Au coin des rues Beaubien et Louis-Hémon, une marquise lumineuse veille sur le quartier depuis près de 90 ans. Bien plus qu'une simple salle de projection, le Cinéma Beaubien est l'âme culturelle de Rosemont–La Petite-Patrie, une institution qui bat au rythme de sa communauté.

Une histoire de passion et de survie

Inauguré en 1937, le Beaubien est aujourd'hui le plus ancien cinéma encore en activité à Montréal. S'il pouvait parler, il raconterait l'époque des doubles programmes à 10 cents et l'évolution du 7e art. Mais son chapitre le plus émouvant reste celui de l'an 2000.

Alors que le cinéma était menacé de fermeture définitive, les résidents, les commerçants et les acteurs locaux ont refusé de voir s'éteindre leur écran. Dans un élan de solidarité incroyable, citoyens, commerçants et personnalités politiques se sont mobilisés pour sauver l'institution, avec l'appui de la CDEC de Rosemont–La Petite-Patrie. La reprise est officialisée à l'automne 2001, et depuis, le cinéma fonctionne sous un modèle d'économie sociale : il appartient littéralement à son milieu.

1937
le plus ancien cinéma encore actif à Montréal
5
salles modernes à projecteurs numériques
250 000
spectateurs par année, dont un quart du quartier

Piloté dès sa relance par le cinéphile Mario Fortin — à sa barre de 2001 à 2022 — le Beaubien est devenu un cas d'école : la preuve qu'un organisme à but non lucratif peut être un succès à la fois culturel et économique. En 2021, un documentaire est même venu raconter cette histoire singulière.

Un bâtiment, trois époques

Le Beaubien n'a pas seulement traversé le temps : il l'incarne. Inauguré le 3 décembre 1937, il a été dessiné par l'architecte montréalais Maxwell M. Kalman dans le style « streamline » alors en vogue — lignes épurées, courbes aérodynamiques — et conçu, luxe rare à l'époque, pour résister au feu, le grand fléau des salles obscures.

En 1964, la salle change de nom et devient « Le Dauphin », le temps d'une rénovation et de l'ajout d'un second écran, avec une programmation tournée vers le meilleur du cinéma français. Ce n'est qu'à sa renaissance de 2001 qu'elle retrouve son nom d'origine. Trois noms, trois époques, un même édifice veillant sur le coin de Louis-Hémon.

Le charme d'autrefois, le confort d'aujourd'hui

Entrer au Beaubien, c'est retrouver cette ambiance chaleureuse et conviviale qui a disparu des grands complexes impersonnels. Malgré des rénovations majeures qui ont permis de passer à cinq salles modernes dotées de projecteurs numériques à la fine pointe, le lieu a conservé son âme. On s'y sent chez soi, accueilli par une équipe de passionnés pour qui chaque spectateur est un voisin.

« Ici, on ne vend pas seulement des billets : on entretient un lieu de rencontre qui appartient au quartier. »

Une fenêtre ouverte sur le monde et sur nous-mêmes

La programmation du Beaubien est sa signature. Ici, on prend le temps de célébrer la culture d'ici et d'ailleurs. C'est l'endroit par excellence pour découvrir :

⚜️

Le cinéma québécois

Mis à l'honneur avec fierté, souvent en présence des artisans qui l'ont fait.

🎭

Le cinéma d'auteur et international

Des œuvres marquantes, francophones et étrangères, qu'on ne voit nulle part ailleurs.

🍿

Le cinéma jeunesse

Pour initier les plus petits à la magie du grand écran, dès le plus jeune âge.

🎬

Avant-premières & rencontres

Projections spéciales, discussions et événements qui font vivre le 7e art autrement.

Un modèle qui a essaimé

Le succès du Beaubien ne s'est pas arrêté à Rosemont. Le même esprit — un cinéma indépendant géré par un organisme à but non lucratif — anime aujourd'hui une petite famille de salles montréalaises : les Cinémas du Parc et du Musée partagent avec le Beaubien une même équipe de direction et des services communs. La preuve qu'un modèle né d'un sauvetage de quartier peut inspirer toute une ville.

Plus qu'un film : un moteur pour le quartier

Le succès du Beaubien a transformé Rosemont. En attirant quotidiennement des cinéphiles, il insuffle une énergie vitale aux commerces et restaurants environnants : on soupe avant la séance, on prend un verre après. Le cinéma est ainsi devenu un cas d'étude en matière de revitalisation urbaine par la culture — la démonstration qu'une salle de quartier peut faire vivre toute une artère.

Pour les résidents, c'est un luxe rare : pouvoir marcher jusqu'à un cinéma indépendant de calibre, y croiser des visages connus et soutenir, à chaque billet, une institution qui leur appartient.

Infos pratiques

Le conseil de pro

Johanne Taillon

Johanne Taillon

Courtier immobilier et ex-inspectrice en bâtiment

Diplômée en génie civil et forte de 20 ans en inspection préachat, elle décode la structure, la maçonnerie et le patrimoine bâti des plex de Rosemont. Rencontrer l'équipe →

Vous aimeriez vivre à deux pas d'un cinéma de quartier mythique? Un expert local peut vous guider vers les meilleures adresses de Rosemont–La Petite-Patrie.

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